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blogeducprohttp://blog.educpros.fr/blog/2011/11/28/handicap-comment-%C2%AB-passer-a-l%E2%80%99acte-%C2%BB/

J’ai souvent parlé, dans ce blog, de l’importance de l’ouverture de l’enseignement supérieur à toutes les diversités, avec la nécessité de passer de la parole aux actes ! Le dispositif Passerelle-Handicap signé avec les 17 écoles de commerce du réseau et trois partenaires principaux (La Poste, Manpower et le Crédit Agricole) marque un pas important vers un accès facilité aux concours des grandes écoles pour les étudiants handicapés.

Pourquoi cet accord ?
C’est d’abord notre mission. Tout le monde a le droit de faire des études, les talents sont partout. Et la demande des entreprises dans le domaine est réelle. La loi oblige les plus de 20 salariés - sous peine de lourdes pénalités - à compter 6% de personnes handicapées dans leur effectif. La proportion oscille, aujourd’hui, entre 2,6% dans le privé et 4,4% dans le public.

Pour mettre penché sérieusement sur le dossier à l’ESC Grenoble, je suis allé de surprise en surprise :
50 étudiants en situation de handicap ayant déjà intégré l’école, n’ont pas souhaité déclarer leur situation. Je comprends leur motivation mais ils passent à côté de réelles aides. Les entreprises sont même prêtes à financer leur formation.
Les plus réticents, ce sont les parents. Ils vivent les problèmes très directement et savent que l’angélisme ambiant ne les résoudra pas d’un coup de baguette magique. Ils ont peur de donner de faux espoir à leurs enfants…
Le manque d’information est patent. Comme pour l’orientation scolaire, les questions de handicap doivent être traitées dès le collège de manière beaucoup plus soutenue.

J’ajouterais que la variété des handicaps impose des solutions « sur mesure » et des relations avec une multitude d’acteurs pas facile à cerner. J’ai tendance à dire que nous avons ouvert une porte sur un labyrinthe !

Comment fonctionne cet accord ?

Passerelle handicap ne déroge pas à notre règle cardinale en matière de récrutement, la sélection. Nous l’adaptons simplement. Nous offrons une perspective en cinq ans. Les deux premières années se déroulent dans un autre établissement, un lycée, par exemple, qui prépare aux BTS.

Nous avons associé des entreprises partenaires qui finance à hauteur de 7500 € chacune un pot commun. Objectif : adapter les postes de travail, assister les étudiants au moment des concours, développer un pôle de ressources et de partages de bonnes pratiques, donner une visibilité au dispositif et aux étudiants. Les 17 écoles de commerce impliquées sur le territoire national vont également permettent aux plus grandes entreprises de s’appuyer sur un réseau de proximité.

Atouts et difficultés
Je suis fier de ce dispositif mais c’est un travail qui va prendre du temps, pour lequel la communication en amont sera un facteur de réussite essentiel. Je pense que le partage des bonnes pratiques mettra aussi un peu de temps à diffuser. Dès l’accès à l’emploi, il faudra penser au volet formation continue des salariés handicapés, imaginer une gestion prévisionnelle des emplois et compétences adaptée à leur situation.

Former les étudiants en RH dans nos écoles à cette spécificité.
Pour l’entreprise, c’est une perspective de mobilisation sociale passionnante, portée par des acteurs tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, très impliqués. Même si la notion de quotas pose une contrainte réelle.
A Grenoble, j’attends de réelles synergies avec notre vivier d’entreprises et de labos innovants pour nous permettre de créer des environnements pédagogiques adaptés, en croisant télétravail, salles de cours et logiciels dédiés. Le chemin à parcourir est immense et passionnant !